Le Parti Conservateur veut maintenant mettre son nez dans l’Histoire nationale canadienne. Outre le fait que le gouvernement fédéral n’a aucune compétence constitutionnelle dans ce domaine, c’est aussi la concrétisation par un comité d’une volonté rampante conservatrice de redéfinir le Canada par tous les moyens possibles. Exit la Charte, l’héritage libéral sur la scène internationale; il faut remplacer tout cela par du bleu.  Il ne suffit qu’à penser à l’utilisation dudit bleu plutôt que du rouge, traditionnellement associé au PLC, sur les sites internet gouvernementaux pour des raisons « d’efficacité » selon Joe Oliver, et non pas pour des raisons partisanes.

Ce n’est évidemment pas la première tentative du gouvernement Harper de réorienter le Canada vers ses propres fins. Il est pertinent de se rappeler du feu Musée des civilisations du Canada qui a été renommé dans la foulée des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération (sic) canadienne. Il portera maintenant le nom de Musée canadien de l’histoire. James Moore, ministre du Patrimoine et des Langues officielles, en faisait l’annonce au mois d’octobre 2012. L’idée semble anodine de prime abord, mais il faut voir cet évènement comme s’inscrivant dans une lignée beaucoup plus large de manipulation et de construction d’un discours de vérité et de l’institutionnalisation de la subjugation des sciences à la volonté politique d’un gouvernement qui n’hésite pas à mêler idéologie et « objectivité scientifique » quand cela lui chante. Alors que Michel Foucault disait déjà dans Les mots et les choses que : « Les sciences humaines d’aujourd’hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions. », l’utilisation de l’histoire afin de parfaire un discours politique n’a rien d’étonnant. Tous les moyens seraient-ils bons pour arriver à faire croire à la population que le Canada a toujours été un pays comme les Conservateurs sont en train de le définir, plutôt que l’usurpation libérale des 50 dernières années?

Après de nombreuses frasques impliquant la mise à l’abandon de toute information « scientifique » (que ce soit la destruction de la collection des données pour le recensement long, de la médisance et de l’écartement des groupes écologistes des évaluations environnementales nationales — comme concrétisé dans le projet C-38 du printemps 2012 — le rouleau compresseur accélère son mouvement), le gouvernement s’attaque maintenant à la portée de l’histoire. La volonté de s’ingérer dans l’Histoire nationale canadienne, tout comme le changement de nom du musée des civilisations, cachent un travail de sape qui passe presque inaperçu dans la population. Malgré le jugement de la Cour suprême du Canada de 1998, le débat n’est pas clos tant qu’à savoir qui a fondé le Canada. Est-ce l’union de deux peuples fondateurs (ou même trois), l’un francophone et l’autre anglophone? Ou est-ce l’union de quatre colonies? Étant donné que la Cour considère que ce fut l’union de la volonté de quatre colonies, cela a comme effet de priver le Québec d’un véto constitutionnel sur toutes les décisions qui sont prises dans la fédération. Sa voix se perd alors dans le brouhaha du reste du Canada.

Changer le nom du musée cimente cette décision dans le discours gouvernemental officiel. L’histoire du Canada ne devrait plus passer par l’étude de l’histoire d’un certain nombre de civilisations — francophones, anglophones et amérindiennes —, mais seulement de celle du Canada. Il est donc présenté comme un peuple uni, n’ayant pas de différences communautaires ou culturelles. Les particularités des peuples québécois et amérindiens se perdent alors dans un tout assimilable : guerrier, conservateur, monarchiste, etc. Le gouvernement fait ainsi tout son possible pour niveler les différences et les faire disparaître de notre mémoire collective. On assiste à la construction en temps réel d’un nouveau discours explicatif de ce qu’est la nation canadienne, qu’il veut maintenant enseigner aux générations futures. C’est socialiser les jeunes le plus tôt possible dans un monde simplifié, sous le couvert de l’objectivité de la science.

On se rappellera l’insistance qui a été mise à la promotion de la « glorieuse guerre » de 1812. C’était d’un ridicule grotesque. Ce moment fondateur devrait remplacer celui de la guerre de Sept ans et de la bataille des plaines d’Abraham à Québec? C’est une excellente tentative de vouloir noyer le poisson québécois dans le reste de la « fraternité canadienne ». Le retour d’une volonté monarchisante et d’un lien particulier avec une dictatrice de droit divin et de naissance refait son apparition dans les politiques gouvernementales et découle d’une même pensée anachronique.

Cet écran de fumée n’est rien d’autre que ce qu’il est : de la fumée. Il est intenable d’accepter, encore une fois, que le gouvernement Harper fasse tout en son pouvoir pour écraser le poids de la science, sinon pour la déformer et la mettre à son service. Il est impératif d’avoir des instruments objectifs qui nous permettent de mieux comprendre le monde qui nous entoure. Cela vaut autant pour la science climatique que pour l’interprétation de l’histoire. Ces instruments doivent rester à l’abri des manigances politiques et d’intérêts idéologiques.

C’est en réécoutant le merveilleux film The Dark Knight avec comme principal antagoniste le Joker, joué d’une façon impeccable par Heath Ledger, que je me suis rendu compte que ce personnage allait toucher un point précis de notre tolérance à géométrie variable de l’horreur.

ImagePour ceux qui n’ont pas encore vu le film, le Joker est ce personnage anarchiste maquillé, sans identité et sans motivation rationnelle qui décide de s’en prendre à la ville de Gotham pour lutter contre Batman – plutôt par plaisir que par obligation. Alors que la ville est déjà au prise avec une mafia et des gangs de rue assez violents et puissants, c’est avec des moyens assez simple qu’il réussit à semer le chaos – quelques armes à feu, des couteaux et de l’essence; rien de particulièrement difficile à obtenir aux États-Unis.

Alors que tout semble aller mal pour notre protagoniste masqué (Batman), le Joker réussit à rendre fou de rage le procureur général de la ville et à l’inciter à la violence et à l’anarchie (voici le lien pour la scène qui nous intéresse : https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=pfmkRi_tr9c#t=98s ). Rapidement, le Joker réussit à nous faire comprendre que l’humanité à une tendance à tolérer des atrocités, tant que celles-ci font parties « d’un plan ». Si un proxénète se fait abattre, ou si une explosion fait 53 morts en Irak, personne ne s’inquiète. Car, tout cela fait parti du plan plus général de notre existence. On peut bien s’en attrister, mais au jour le jour ce n’est pas cela qui va venir perturber notre existence. Tant que nous sommes encore capables d’établir une forme de contrôle de ce qui nous entoure, la vie peut continuer. Tant qu’il y a une possibilité de rationalisation des évènements, tant qu’il y a une forme linéarité, tout va bien. C’est au moment où quelque chose dévie de ce plan, du moment où un évènement sort de notre sphère de contrôle : c’est à ce moment précis que la panique s’établit et prend racine.

Boston

ImageL’attentat au marathon de Boston est un exemple très concret de cette conception. Un évènement arrivé subitement, sans prévenir. Trois morts, quelques blessés graves, pour un total d’environ 170 blessés. Cet attentat est injustifiable et est le symbole d’une atrocité qui ne doit pas être tolérée. Unanimement, la population s’est mise derrière Boston à la suite de cet évènement. Il en fut de même lors de la chasse à l’homme qui a débuté jeudi soir et qui s’est terminée vendredi. Les gens ont été captivés, la ville a été littéralement fermée, les gens ne pouvaient pas sortir de leur domicile et les autorités fouillaient les maisons une à une sans mandat de perquisition. Bref, cet évènement fut aussi violent qu’inattendu.

Sans tomber dans un relativisme absolu, il est possible de remettre cet épisode en perspective. Chaque jour aux États-Unis, il y a 85 morts causés par une arme à feu. Il y aurait environ 300 millions d’armes en circulation dans le pays. Pourtant, les gens ne sont pas inquiets outre-mesure. À l’occasion, une tuerie un peu plus grave que les autres attire l’attention (Colombine, CalTech, le ciména au Colorado, Newtown…), mais de façon générale les gens ne sont pas inquiets. L’absurde va même jusqu’à Madame Gifford (Représentante démocrate au Congrès) qui s’est fait sauvagement attaquée et tirée à la tête lors d’un rassemblement il y a 2 ans, mais qui se dit encore en faveur du maintien du Second amendement et qu’elle est encore une fière propriétaire d’armes à feu.

Ces 85 morts à tous les jours, c’est objectivement et numériquement plus grave que 3 morts lors d’une explosion? À quel point, un vol de dépanneur qui tourne mal où 2-3 personnes sont abattues est-il moins apeurant? Cela pourrait arriver au coin de la rue. Cependant, cette logique découle « d’un plan » et d’une habitude; d’une socialisation à cette violence qui s’imprègne dans notre société. Une petite bombe dans un marathon, une chasse à l’homme et tout le monde perd la tête.

Boston n’était pas farouchement différente de Gotham cette semaine. Des bombes dans des chaudrons à cuisson à pression avec de la poudre noire. Rien d’excessivement compliqué. Quelques armes à feu. Des hommes n’ayant apparemment pas un plan très développé. Qui braque un dépanneur et vole une voiture alors qu’il est l’une des personnes les plus recherchés de la ville? Des crimes qui ne sont pas anodins, mais qui ne sont pas si terribles comparativement à ce qui se passe à tous les jours. Les États-Uniens ont déployé près de 9 000 membres des forces de l’ordre pour tenter de traquer ces terroristes. Pendant ce temps, le Sénat américain rejetait le projet de loi le moins musclé jamais présenté dans le but de mieux contrôler les armes à feu aux États-Unis.

thatcher-12La dame de fer s’est éteinte le lundi 8 avril 2013. Comme il est coutume lors du décès d’une personnalité politique, des individus des deux côtés de l’axe politique se sont pliés aux traditionnels hommages. Toutefois, certains groupes se sont abstenus de vanter l’héritage de Margaret Thatcher, tandis que d’autres ont tout simplement applaudi sa disparition. Ensuivant le décès d’une personne aussi polarisante, ce fait n’est pas surprenant. Par contre, ce qui est étonnant, c’est de voir des féministes se lever contre ceux qui ne pleurent pas la disparition de la première et seule première ministre de la Grande-Bretagne. Il faut comprendre que l’atteinte du poste suprême politique par une femme n’est pas automatiquement synonyme d’un avancement des droits de celles-ci. Il y a deux éléments qui soutiennent cet état de fait : l’abolition de la notion de société au profit de celle de la famille et la destruction des acquis sociaux.

La famille comme noyau

Au-delà de sa gouvernance d’une main de fer du gouvernement anglais durant les années 1980, on se souviendra de Thatcher pour sa célèbre affirmation : « There is no such thing as society ». La portée de cette phrase n’est pas à confondre. Madame Thatcher n’était pas contre la société en tant que telle, mais plutôt contre la structure que celle-ci prenait. À la suite de la révolution hédoniste des années 1960, Thatcher souhaitait un retour à un ordre social et à des obligations sociales qui sont assez congruents avec la notion conservatrice de la tradition. Thatcher espérait un renforcement des liens qui unissent les gens proches entre eux, nommément ceux de la famille. Elle était opposée à l’idée que l’individu était une construction de la société dans laquelle il grandissait. Elle donnait crédit à la notion organique de la société où chaque famille est une des constituantes de cette société. Si les individus pouvaient adopter une conduite plus responsable en dépendant moins de l’État, la société dans son entièreté s’en tirerait mieux.

De prime abord, cette conception ontologique de la société n’est pas problématique, ça se corse lorsque son passage d’une société donnant une libre chance de réussite à toutes et à tous est substitué par une entité familiale typiquement patriarcale, avec l’homme au travail et la femme s’occupant des enfants à la maison. Cette substitution d’une conception de l’homme ou de la femme comme une conséquence environnementale de la société à une conception qui accepte la volonté personnelle comme seul moteur de la réussite ou de l’échec; a comme incidence principale de mener à une acceptation du statu quo. La révolution des années 60 que Thatcher avait si en exergue fut une période qui vit le dépassement des limites traditionnelles imposées aux femmes à l’intérieur d’un cadre familial toujours mené par un homme. Exit la société qui permet l’épanouissement du plus grand nombre, retour à une forme structurelle limitative. Quoiqu’il reste encore beaucoup à faire, c’était tout de même un pas dans la bonne direction. Madame Thatcher souhaitait un retour à l’ordre.

La dame de fer

Margaret Thatcher est principalement aimée, ou bien détestée, pour la lutte endiablée et sans concessions qu’elle a menée aux travailleurs et au mouvement syndical. À une époque où le mouvement conservateur se cherchait une âme pour répondre à l’hégémonie que le néolibéralisme commençait à imposer, sa réponse fut dans la lutte aux acquis sociaux. Les syndicats étaient considérés comme trop puissants et risquaient de mener l’Angleterre à un régime socialiste, qui en retour mènerait à la soviétisation de l’île. Pour contrer cette paranoïa, elle passa les acquis sociaux dans le tordeur : elle dérégula les marchés financiers, privatisa les monopoles d’État et mena une lutte sans merci aux syndicats. Elle percevait cette emprise socialisante comme la cause principale du déclin de la Grande-Bretagne.

Il va sans dire que les mouvements ouvriers et les emplois dans la fonction publique ne sont pas étrangers à l’atteinte d’objectifs féministes. Originellement, les propriétaires d’entreprises n’hésitaient pas à payer les femmes largement moins pour un travail équivalent aux hommes. La syndicalisation des travailleuses leur permit de lutter ensemble contre cette injustice, mais elle permit également d’obtenir des gains dans les conditions de travail — comme des congés de maternité — ou bien une tentative de limiter au maximum la discrimination à l’embauche. Au-delà des syndicats, les emplois de la fonction publique sont des moyens simples et efficaces de s’assurer que ces mesures sont en place. Raser ces instruments, quoi qu’imparfaits, ne peut qu’être une atteinte à une volonté de donner aux femmes leur juste place dans la société, en les privant des instruments nécessaires.

L’héritage

Sa façon de mener son parti, mais aussi son attitude sans compromis lui a valu son surnom de dame de fer. Alors que la faible présence de femmes en politique est un problème représentatif, mais aussi de justice, ce n’est pas n’importe quelle femme qui fera l’affaire. Il ne faut aduler Margaret Thatcher pour le simple fait que c’était une femme à la tête d’un État, mais plutôt juger sa contribution à l’aide d’une lunette permettant de cerner sa contribution. Objectivement, cette contribution n’est pas à l’avantage net d’un progrès pour le mouvement féministe, non plus du socialisme. Le thatchérisme a mené à une dégradation des conditions de vie de la classe moyenne, mais aussi à la quasi-extinction de celle-ci. Étant donné que les plus hauts postes sont déjà occupés majoritairement par des hommes, ceci a comme conséquence de jeter un nombre monstrueux de femmes dans la pauvreté et dans le cercle vicieux de celui-ci. Qu’il en déplaise à Thatcher, la société qui nous entoure est un déterminant de notre épanouissement.

2972363568_32db2708fc_zThatcher avait des caractéristiques plus proches d’une leader autoritaire, antidémocratique et antisociale que de quoi que ce soit d’autre. Ses politiques ont contribué au maintien au pouvoir d’une élite principalement masculine. Qu’elle ait été une femme, ou bien un homme, son idéologie et son application sont à dénoncer vertement. Pleurer la mort d’un humain, certes. Pleurer une grande femme, pas du tout.

En science politique, il n’est pas rare d’étudier le principe des portes tournantes. Les leaders du domaine économique vont souvent changer de poste pour évoluer dans le domaine politique, et vice-versa.

Voici un graphique intéressant qui veut interpréter ce principe, ainsi que les effets qu’ont les monopoles et la concentration du pouvoir économique, politique et de la communication entre quelques mains. C’est à bien y penser…

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À une dizaine de jours de la journée internationale de la femme du 8 mars, il est d’une considérable importance de réitérer le besoin d’être féministe aujourd’hui. Il y a de nombreux gains qui ont été effectués depuis le début du XXe siècle. Cependant, l’égalité est encore loin et semble parfois hors d’atteinte. Alors que jusque dans les années 1970 des gains ont été chaudement gagnés, depuis cette période c’est la disette. Un long élan d’aplanissement d’une société misogyne a éventuellement laissé place à une société où les différences basées sur le sexe sont un peu moins présentes, mais existe encore et toujours. Malgré tous les gains obtenus, et ici je traite de la question dans une perspective malheureusement occidento-centrée, il y a encore fort à faire. Quand la condition de la femme s’améliore ici, elle est stagnante ou elle dégringole dans les lieux où les religions et la pauvreté ont encore une emprise cruelle. De par ce fait, il demeure primordial de briser le mouvement rampant de remarginalisation de la femme et de son rôle dans la société.

La place des femmes dans la religion

Il n’est pas rare de constater une forte covariance entre le droit des femmes et l’absence de la pratique religieuse. Alors que certains avanceront que ce n’est pas la religion en tant que telle qui impose la soumission de la femme et son statut marginal comparativement à l’homme, et bien c’est le cas dans les Saintes Écritures. Le Christianisme et le Protestantisme, mais aussi une part de la culture musulmane, acceptent le précepte du péché originel tel que contenu chez Saint Paul ou Saint Augustin. Eve, cette personne subversive qui a convaincu Adam de croquer la pomme de l’arbre de la connaissance et d’acquérir l’orgueil est la souche et est à l’origine de tous les maux de l’humanité. Une seule consigne donnée par Dieu, brisée. Sa colère a toutefois été miséricordieuse, alors que nous ne brulons pas tous en enfer, nous sommes sur Terre pour souffrir et gagner notre paradis; il faut le remercier pour sa magnanimité. Par notre simple existence, nous sommes coupables de ce premier péché et nous devons nous en repentir.

Dans l’Islam, le rôle de la femme n’est pas particulièrement plus glorieux. Alors qu’il n’y a pas une prescription sociale directe dans le Coran, il y en a une qui concerne les relations de couple. En 4:34, la femme pieuse est dévouée et elle obéit à son mari, car Allah a donné une excellence supérieure à l’un d’eux. L’homme et la femme sont semblables, mais ne sont pas identiques. Ils ont les mêmes devoirs envers Allah, mais c’est l’homme qui occupe la place dominante dans le couple. Cette prescription est déjà empreinte d’une misogynie, il ne suffit que donner un rôle exclusivement masculin à l’interprétation de ces écritures pour que la Charia dérape.

Dans la religion juive, les femmes sont aussi subordonnées aux hommes dans les unions domestiques. Lorsque Yahvé a formé le pacte avec les Israélites au sommet du mont Sinaï, il y avait des hommes et des femmes, mais ce sont les hommes qui ont conclu le pacte et se sont engagés à ce que les membres de leurs ménages le respectent aussi.

Alors que plusieurs des obligations des femmes découlent plutôt de pratiques socialement et culturellement construites, il en reste qu’il n’est pas fait mention d’une notion d’égalité entre l’homme et la femme, mais que les deux ont des rôles et des devoirs différenciés compte tenu de leurs différences naturelles. Bref, ce n’est pas dans la religion que le féminisme a pris racine. Lorsqu’elle n’a pas encouragé leur réclusion dans des rôles purement privés, elle aura été un frein à leur émancipation. Que l’application d’une différenciation des sexes soit le résultat de radicaux religieusement zélés, cette différence est ancrée si fortement, que ce n’est pas demain la veille d’un réveil ecclésiastique.

La place sociale des femmes

Il y a encore une stigmatisation de la femme et de son rôle dans la société. À travail égal, les femmes ne reçoivent pas le même salaire que les hommes. Les taux varient en fonction des pays et des professions, mais il est loin d’être marginal. Le salaire n’est pas tout, en plus de ne pas être le même dans l’absolu, il ne prend même pas en considération les obligations biologiques de la réalité féminine. Il suffit de penser aux besoins particuliers qu’entraînent la maternité, mais aussi toute la sécurité d’emploi qui est souvent remise en question lors de celle-ci. Et là, nous n’abordons pas la discrimination ouverte qui est faite sur ce seul critère et les retards de carrière qui peuvent se poser comme un obstacle ou bien des arrérages presque irrattrapables en terme de conditions, de salaire et d’épargnes, etc.

Alors que le salaire moyen des femmes est souvent plus faible que celui des hommes, les mesures régressives qui se mettent en place de plus en plus durement depuis les années 1970 se font sentir plus fortement chez elles. Les femmes occupent encore un nombre infinitésimal de places dans les sphères du pouvoir économique, mais aussi politique. La parité des candidats aux élections n’est relevée par aucun grand parti, tandis que les circonscriptions sures sont les plus souvent offertes à des hommes. De par leur plus grande force physique, mais aussi de par leur monopole des institutions et du discours politique, les hommes dominent les femmes et celles-ci sont encore trop souvent victime de violences, autant physique, économique, que psychologique.

Ce fait est intolérable et beaucoup trop souvent minimisé. Mais au-delà de la femme comme victime physique, il y a aussi la femme comme victime d’un système misogyne de l’image. L’hypersexualisation des jeunes filles, mais aussi des femmes, est tellement bien construite et articulée dans notre société de consommation qu’elle est maintenant reconnue comme un fait libéral (au sens politique du terme). Alors qu’un nombre grandissant d’acteurs dénonce ce fait, personne ne fait rien concrètement. Il va de soi que le désir de se sentir belle n’est pas discutable et est une condition de possibilité d’un épanouissement complet, mais les critères conduisant à cedit épanouissement ne doivent pas être construits autour de dogme misogyne pour le seul bon plaisir de ces messieurs. Une femme libérée ne portant pas la soutane ou le voile ne devrait pas avoir à se cacher derrière une variété gargantuesque de produits masquant et maquillant vendus à des prix d’or.

Les femmes dans le discours

La pénétration de la misogynie dans le discours de tous les jours est encore plus forte que n’importe quel autre point traité jusqu’à maintenant. En science politique, la politique est la version partisane, folle et sans profondeur de la politique. C’est le politique qui est noble, qui a le mérite de la réflexion et d’une volonté idéalisée. Il en est de même pour une quantité incroyable de termes. La tendance généralisée à omettre le féminin dans les textes officiels, comme si quelques caractères de plus allaient nuire au message, n’est pas à négligé non plus en cet ère informatisé. Les libéraux deviennent prisonniers de leur propre discours de tolérance où l’incommensurabilité des valeurs devient un impératif. Il est alors inconcevable d’opposer le droit des femmes à d’autres libertés, la liberté de religion vient rapidement en tête. Sans prôner un féminisme revanchard, ce qu’il faut à tout prix éviter, il y a place pour des mesures permettant l’épanouissement de la femme, mais de l’homme, également! La volonté de castration ne doit pas prendre le pas sur une réelle égalité de condition.

Entre temps, une discrimination positive, mais aussi une revisite de l’interprétation sociale de la place de la femme sont de mise. Il faut à tout prix lutter contre tout recul, aussi petit soit-il. Les attaques répétées du Parti conservateur de Stephen Harper contre le droit des femmes à l’avortement ne sont qu’une des tentatives les plus visibles d’une volonté de retour à un ordre ancien.

Depuis un nombre grandissant d’années un projet grandit en moi. Depuis trop longtemps je suis déchiré : jusqu’à quel point la tolérance peut aller. Tout l’aspect social ne pose aucun problème. L’orientation sexuelle est un libre-choix, l’orientation politique se doit d’être fondamentalement respectée, et ce, peu importe le point de vue. Ce débat est généralement sain pour la société. La liberté de conscience et d’opinion, mais aussi la libre expression de ceux-ci, sont les jalons cardinaux de l’existence de notre société dite libérale — au sens social et non pas économique. Il y a cependant une expérience extrême qui est vécue lorsque deux droits sont en contradiction. Est-ce que la tolérance doit être de mise devant toutes les opinions? Y a-t-il une limite à la liberté d’expression? Ce sont deux questions qui excessivement difficile à réconcilier. La réconciliation devient plus problématique lorsque nous introduisons la variable religieuse. (Eh oui. Je vais m’aventurer sur cette question.) Dans notre société, est-il légitime de tolérer l’intolérable intolérance de la religion?

holly-land11Ce paradoxe est insaisissable, mais il est également couvert d’un puissant tabou. Alors que les grandes religions ont été les vectrices de l’intolérance à grande échelle durant toute l’histoire, le moindre son à leur encontre déclenche une levée de boucliers incommensurable. Ce texte se veut un plan pour une réflexion plus globale, mais aussi probablement plus longue, sur la question. Il n’y aura pas de solutions à la clef, probablement pas de proposition concrète; mais simplement une série de pistes qui permettra d’éclairer un nombre de lanternes. Il est temps de sortir de l’obscurantisme. Il est temps que ceux qui ne croient en aucune forme de divinité, qui se considère comme athée ou agnostique, sortent de leur placard. La répression dure depuis plusieurs millénaires et il est temps qu’elle prenne fin.

Existe-t-il?

Très peu de lignes seront perdues à la démonstration de l’inexistence de Dieu. Les preuves prouvant son existence sont si faibles qu’il ne faut pas bien longtemps lors d’un débat avec un fanatique religieux pour entendre la réplique que « C’est une question de foi ». methode-scientifiqueDepuis l’invention de la méthode scientifique, il n’y a plus de miracles et les trois grandes religions monothéistes étaient déjà établies. Il faut donc croire sur la base de la foi. Si la religion est une question de foi, alors pour quelle raison le fait de ne pas croire ne subit pas le même critère. Si la croyance s’établit sur une question de foi, pourquoi ne pas croire ne pourrait pas être de même? Un croyant parlant à un non-croyant n’hésitera pas à lui dire qu’il a tort, qu’il est sur le mauvais chemin, qu’il se doit d’être converti et de régler ce qui ne fonctionne pas avec lui. Pourquoi le non-croyant ne peut-il pas de bonne foi ne pas croire? Il est peut-être temps que la population athée en fasse de même avec ceux qui croient. Leur démontrer que ce sont eux qui sont sur la mauvaise voie. Finalement, sans être sartrien, la puissance de l’argument dans L’existentialisme est un humanisme reste entière. Si Dieu existe, il se doit d’être tout-puissant, c’est ce qui en fait un Dieu. Devant la misère humaine, soit il n’agit pas car il est cruel, soit il est impuissant. Dans les deux cas, il perd une de ses deux caractéristiques principales : sa puissance ou sa bonté.

Même les croyants que l’on pourrait classifier de « mous », des croyants non pratiquants, sont complices d’une institution qu’ils croient bonne, qui pourrait probablement avoir ses bons côtés, mais dont le prix moral et humain est trop élevé. Du coup, ce n’est pas parce qu’un nombre incroyable de gens ont la foi que cette foi est justifiée. L’histoire humaine est remplie d’évènements et de croyances qui se sont avérés être monstrueusement faux. Il fut un temps où chaque phénomène inexplicable se voyait attribuer un dieu — le dieu du soleil et le dieu de la mer pour expliquer le levé du soleil, mais aussi les marées —, mais l’humanité a éventuellement découvert qu’il y avait des explications rationnelles à ces phénomènes naturels. Les dieux n’avaient pas à être impliqués dans chaque action terrestre. Il fut un temps où l’humanité était convaincue que la Terre était le centre de l’univers. C’était faux également. Nous ne sommes pas une créature particulière voulue par un Dieu jaloux et voyeur, mais le résultat de 3.5 milliards d’années d’évolution.

Les dangers inhérents à la religion

La religion représente un danger immense. Alors que certains prôneront les effets positifs de la religion, comme l’instruction de bonnes valeurs, de l’amour, de la charité, etc. Il n’est pas nécessaire de les justifier par un Dieu quelconque. L’humanité étant dotée de rationalité, il est possible de justifier ces agissements sur la base simple d’un raisonnement éclairé. Il n’est pas nécessaire de craindre l’enfer pour ne pas tuer son prochain. Il est aisément possible de construire une argumentation humaine et rationnelle pour éviter de tomber dans un état où « l’homme est un loup pour l’homme ». La morale peut exister indépendamment de la religion. La religion a en fait un mépris de l’homme et de sa condition. Elle véhicule un discours férocement antihumaniste, antiintellectualiste et réducteur de l’humanité. Ce n’est pas le génie humain qui explique toutes les avancées, ce serait la main de Dieu. Par contre, toutes les erreurs sont de nature humaine. Il est temps que l’homme et la femme se réapproprient leurs vices et erreurs, mais également leurs victoires et leurs accomplissements.

dante.1267446136La propagation de la religion découle d’une exploitation ouverte et totale de deux faiblesses qui peuvent être présentes en l’être humain : la peur et l’ignorance. La religion, c’est permettre à des gens comme vous et moi, qui n’ont pas toutes les réponses, d’être convaincus qu’ils détiennent la vérité absolue sur la base de la foi uniquement. Le fait que la religion brandisse toujours l’arrivée de la fin des temps et le risque de périr en enfer n’est pas anodin. La technique du bâton et de la carotte est vieille comme le monde. Si vous suivez notre culte, vous vivrez dans la béatitude pour l’éternité au côté de Dieu. Advenant la situation inverse, vous périrez en enfer pour la même éternité.

 

Le doute comme porte de sortie

Il n’y a pas de fierté à vouloir répandre la bonne nouvelle. Cette complicité a un coût élevé. La seule position face à la question existentielle ultime est le doute. Nier la réalité, vivre dans un monde lyrique et imaginaire tel que prescrit par la religion relève de la dissonance cognitive la plus élevée. Elle représente également un danger sans commune mesure. Il est complètement insensé que des hommes d’État politique prennent des décisions qu’ils croient guidées par Dieu, ou bien qu’ils prennent des décisions dans le but d’accomplir la volonté divine. Combien de guerres ont été causées par des affrontements religieux? Combien de millions de gens en sont morts? Alors que ces religions prônent la paix et la tolérance, leurs mains baignent dans un sang noir et épais.

religion-politicsLes religieux les plus convaincus n’hésiteront pas à rappeler que ce n’est pas la religion qui commande ces actes, mais que c’est seulement une mauvaise interprétation ou bien une instrumentalisation à des fins politiques. Que ce fait soit avéré ou non, il reste que la religion dans cette optique est dangereuse. Les prises de décisions sur des comportements ou des intuitions irrationnels ne peuvent pas être justifiées d’aucune façon. La religion crée un trou existentiel, ou en exploite un déjà présent. Elle est l’essence même de la pensée dichotomique, elle empêche toute forme de nuance — un Dieu et un seul, pour ou contre lui, le bien ou le mal, etc.. La réalité sociale est beaucoup plus complexe. Une perspective religieuse ne peut que nuire à la compréhension du monde qui nous entoure.

Un débat qui ne finira jamais?

Bref, ce débat ne peut pas prendre place uniquement dans le cadre qui est imposé par les croyants. Ce n’est pas vrai que toutes les positions se valent. Nous ne pouvons pas donner la même valeur à des arguments lunatiques basés sur de la magie, que nous donnerions à des arguments basés sur des faits et la science. Cela ne veut pas dire que la science n’a pas la capacité de se tromper, loin de là. Mais c’est ce qui est si bon avec la science : tout n’est que théorie et que du doute. Une hypothèse le restera jusqu’à la démonstration de son contraire, et à ce moment-là, l’hypothèse sera ajustée. Le crédo religieux est fixé dans la logique tout à fait inverse. Une fois que la vérité a été énoncée, elle devient ancrée dans l’universel et ne peut pas être contredite, sous peine de griller dans les flammes éternelles.

La volonté de se faire rassurer sur la finalité de notre existence, sur ce moment d’indétermination extrême qu’est la mort, toutes ces pensées irrationnelles ne doivent pas prendre le dessus de notre raison. Le premier avantage d’un athée, c’est qu’il sera prêt à admettre — même si cela peut parfois être difficile — qu’il a tort. L’erreur est humaine et elle le sera toujours. La religion a peut-être été tolérée pendant trop longtemps. Les superstitions vont et viennent. La religion ne peut qu’être un frein à l’épanouissement humain. Sans vouloir en faire une chasse aux sorcières, il est nécessaire de réaffirmer la laïcité de l’État, la laïcité de notre société. Un message violent, intolérant et dichotomique ne peut pas s’imposer sous le couvert d’un sentiment d’ouverture. Un monde, aujourd’hui, libre de toute religion serait éminemment meilleur. Il faut cependant éviter de tomber dans le piège lyrique des croyants, et se mettre à croire aux miracles.

608669-pauline-marois-annonce-details-sommetAvec le retour du printemps, nous assistons également à un retour possible de la contestation. Le sommet sur l’éducation supérieure convoqué par le Parti québécois se prépare déjà à creuser sa propre tombe. Doté d’un grand optimisme, je laisse la chance au coureur, mais le doute profond persiste. L’ASSÉ pense ne pas participer au sommet, l’ancienne rectrice de McGill croit que les rectorats vont servir de monnaie d’échange, les partis d’opposition sont convaincus que cette mise en scène n’est qu’une farce. Pris individuellement, ces acteurs n’ont rien de très pertinent à avancer. Chacun vit dans sa bulle de dissonance cognitive. Cependant, quand on fait la somme de tous ces doutes plus ou moins bien formulés, le portrait d’ensemble commence à s’éclaircir.

Il y a apparence que seulement les péquistes les plus convaincus croient encore à la possibilité de voir du positif ressortir de ce sommet. Alors qu’en campagne électorale et pendant une grande partie de l’automne, le PQ promettait que toutes les options étaient sur la table, le ministre Duchesne a démenti ce fait il y a quelques semaines en mentionnant que la gratuité scolaire était impensable à ce moment-ci du débat. Un sommet sur l’éducation supérieure, où aucune décision ne sera exécutive, ne serait pas le bon endroit pour avoir un débat de société? Après avoir accusé le Parti libéral du Québec de n’avoir pas écouté les étudiants et la population durant toute l’année 2012, on vient à se demander qui écoute qui?

pauline-marois2Au congrès national du PQ, le temps fut court entre le moment où le comité national des jeunes proposa le gel dans une perspective de gratuité scolaire, et la fin de non-recevoir du ministre de l’éducation supérieure. Finalement, la proposition adoptée à la majorité en plénière est tellement vague qu’elle permet n’importe quelle interprétation. C’est bien ce dont madame Marois avait besoin. Après avoir cumulé les reculs plus rapidement que les avancés, une proposition si vague qu’elle permet maintenant à madame la Première ministre de dire que l’indexation, c’est aussi une forme de gel. Après une année à entendre le gouvernement précédent tenter de nous convaincre que la grève étudiante n’en était pas une, mais plutôt un boycott, le PQ utilise la même tactique pathétique. Sur le fond, madame Marois n’a pas tort. L’indexation reste un gel relatif, compte tenu du fait que la part des étudiantes et étudiants restera constante dans le temps. C’est cependant jouer sur les mots. Depuis le début du débat, le gel a toujours été entendu comme étant un gel absolu de la contribution étudiante.

Jacques ParizeauL’argument des finances publiques n’est qu’un moyen détourné d’éviter la question, comme le rappelle Jacques Parizeau dans une entrevue donnée au Devoir dans l’édition du 12 février (http://www.ledevoir.com/societe/education/370711/la-gratuite-est-realiste-dit-jacques-parizeau). Monsieur Parizeau n’est pas un deux de pique. Économiste diplômé de la prestigieuse London School of Economics (le premier Québécois de langue française), la portée de ses propos ne peut pas être écartée trop rapidement. Le choix d’imposer des frais de scolarité, de les majorer à l’indexation, de les geler, ou peu importe le scénario retenu, c’est un choix de société. Rappelant qu’au moment de la fondation du réseau des Universités du Québec (UQ), les frais de scolarité ont été gelés dans le but d’atteindre dans un futur plus ou moins éloigné la gratuité — ou presque gratuité — scolaire, les jeunes font un peu la même demande aujourd’hui.

C’est un choix que la génération précédente a pris. C’est un gain qui ne fut pas nécessairement facile, mais qui a permis l’émancipation de toute une génération qui tentait de rattraper le monde sur le plan intellectuel, et qui était en processus de se libérer de l’emprise malsaine de l’Église. Ce choix n’est pas à remettre en question. Je suis convaincu que ce fut le bon. De nos jours, alors que la compétitivité mondiale nous rentre dedans, l’éducation supérieure n’est plus une option. C’est une obligation. Alors que les délocalisations ont frappé la majorité des entreprises de production, ce sont les services et la recherche et le développement qui sont les voies de l’avenir pour les Québécois. Avec un diplôme de secondaire 5, bonne chance pour se trouver un emploi bien payé avec un fond de pension garanti, peu importe la volonté et l’effort qui y sera mis. Une éducation devient encore plus importante, autant du point de vue individuel, mais également du point de vue social. Une population éduquée, c’est un gain pour tous. Des emplois de meilleure qualité permettent de prélever plus en impôt, permettent également de stimuler la consommation agrégée. L’augmentation du niveau de vie permet aussi de réduire substantiellement les coûts de santé, mais aussi de différents filets sociaux.

Évitons les débats intergénérationnels et travaillons ensemble pour faire du Québec un endroit où il fait mieux vivre. Un endroit où chacun fait sa part. Pas seulement le contribuable et l’utilisateur, mais les entreprises, les banques et ceux ayant un très haut revenu ont leur part à faire. La richesse ne se gagne pas seule, la contribution de la société y ait pour quelque chose. C’est un tout qu’il faut lutter pour maintenir ensemble.