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Culture

Pour tous ceux qui ragent contre leur âge, se trouvant trop jeune, il est possible de suivre des cours de Michel Foucault au Collège de France. Gracieuseté de la bibliothèque de Berkeley, c’est comme si nous y étions. Voici quelques-uns de ses cours intégraux, enregistrés en audio.

http://www.lib.berkeley.edu/MRC/foucault/mfaa.html

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Il vaut mieux tard que jamais. Je suis allé voir Monsieur Lazhar aujourd’hui. C’est un film sensationnel et tous ceux qui ne l’ont pas encore vu devraient se presser d’y aller au plus vite.

L’histoire se déroule à Montréal où une enseignante vient abruptement de se suicider dans sa classe. Bachir Lazhar se présente de lui-même à l’école concernée pour la remplacer. Il se retrouvera rapidement dans un établissement en crise où la différence culturelle entre l’Algérie et le climat lourd de la classe est violent. La différence est également présente dans les méthodes d’enseignement, mais monsieur Lazhar apprendra rapidement à s’attacher à ce petit groupe d’êtres charmants affectés cruellement par la mort de leur enseignante; particulièrement Alice et Simon qui vivent une relation tendue à ce sujet. Durant ce temps, personne ne suspecte la douleur de Bachir, ni le fait qu’il est un réfugié politique.

Le traitement visuel est astucieux et les choix directionnels de Philippe Falardeau sont judicieux et sans lourdeur. Malgré la thématique abordée, celle du suicide, le film reste incroyablement facile d’approche. Les personnages deviennent rapidement attachants et remettent en question notre conception de la violence, du silence des moments douloureux et complexe; mais aussi notre capacité d’intégration culturelle québécoise. Falardeau réussit très bien à créer une ambiance scolaire crédible. La qualité du texte d’Évelyne de La Chenelière (qui fait une apparition éclair comme la mère d’Alice) y est surement pour beaucoup dans le succès du film. Avec la mise à l’agenda du suicide par le sénateur Boisvenu, il y a deux semaines, il est intéressant de se questionner sur cette problématique sociétale dont on ose à peine parler. C’est justement ce silence que Bachir Lazhar tentera de briser, ce refus obstiné de parler des choses comme elles sont. Au-delà du devoir d’enseignement de ses élèves, Bachir Lazhar retourne le miroir vers le cinéphile et lui donne une petite leçon par la même occasion.