Les horreurs d’être Canadien à l’international

Il y a toujours un certain nombre de plaisirs lors d’un voyage à l’étranger et loin du domicile. Dans le cadre d’un séminaire de maitrise sur les institutions européennes, il est vraiment intéressant d’aller sur le terrain allemand pour constater le fonctionnement des institutions et palper la société étudiée. Nous pourrions nous dire qu’un groupe d’une vingtaine d’étudiants canadiens (et francophones) en apprendrait beaucoup de la sorte. Nous pourrions même nous dire qu’il pourrait être intéressant pour ce groupe d’étudiants d’aller visiter le Bureau du Québec et l’ambassade canadienne locale afin de pouvoir en apprendre plus sur le rôle du Québec et du Canada dans ce pays membre de l’Union européenne qui est en train de conclure un accord de libre-échange. Cependant, il semble que de simples étudiants ne soient pas le bienvenue dans les lieux de la contrée royale de Stephen Harper.

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Le petit groupe d’étudiant dont je fais parti, avait un rendez-vous avec les représentants du Québec et du Canada durant un après-midi dans le but de se mettre au parfum du fonctionnement des représentations locales. Après une visite enrichissante au Bureau du Québec à Berlin, donnée en simultané via Skype au représentant du Ministère des Relations internationales du Québec à Bruxelles, nous avions rendez-vous avec l’ambassade du Canada pour une autre conférence qui devait être suivie d’une période de questions. Arrivant, 10 minutes à l’avance du début de la conférence, mais 3 minutes après l’heure d’arrivée convenue, le gardien de sécurité de l’ambassade nous interdit l’accès au bâtiment en nous beuglant en anglais: « Diplomats have better things to do than meeting students. »

Tout notre groupe était bouche-bée. Tout comme les 4 étudiants allemands qui nous suivent depuis le début de notre voyage dans le cadre d’un échange interculturel. C’est vraiment une excellente représentation du Canada à leur donner. Cette ambassade fut l’endroit où nous avons été les moins bien traité, et ce, dans un grand nombre d’endroits officiels que nous avons visité (ces lieux incluant: la Banque centrale européenne, le Parlement européen et le Ministère des affaires étrangères allemand). Si ces institutions européennes de premier plan trouve le temps pour nous rencontrer pendant environ 2 heures chacune, mais pas celle de notre pays natal; il faut se poser des questions. C’est réellement une insulte et un manque de décence d’un niveau incommensurable. Il y a de quoi comprendre ceux qui remettent en question leur identité canadienne au profit de leur identité québécoise.

Il suffisait de voir les portraits affichés dans l’entrée (ceux de Stephen Harper, John Baird et de la Reine Elizabeth II), pour comprendre que le milieu n’était pas nécessairement propice à l’échange constructif entre nos deux peuples fondateurs. Ce qui est réellement moche, c’est que ce genre de comportement, n’est que la pointe de l’iceberg d’une politique beaucoup plus large du gouvernement conservateur en place. Après la perte de crédibilité à l’international du Canada, causée par les différentes positions du Parti conservateur, nous avons assisté au transfert d’un nombre d’ambassades à la tutelle du Royaume-Uni. Maintenant, ce sont les services et le simple respect qui sont maintenant des reliques du passée.

Bref, une situation peu agréable, mais qui fut tout de même compensée par une collègue allemande qui dit: « Je vais déménager au Québec pour vous aider à faire la souveraineté »

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2 commentaires
  1. Mathieu L BOUCHARD a dit :

    Au Canada Anglais, il y a toujours eu un seul peuple fondateur. Le concept des deux peuples fondateurs est une vieille lubie Canadienne-Française selon laquelle ça aurait du sens que le conquis et le conquérant fraternisent en tant qu’égaux. Si ça avait eu du sens pour les anglais, ils auraient pas attendu que les français exigent le bilinguisme institutionnel et alors ils auraient pas autant résisté.

  2. Chris K a dit :

    C’est triste quand même qu’il vous a traité comme ça. Cependant, il n’y avait rien d’inhéremment anti-Québécois dans ce qu’il vous a dit – son commentaire témoigne plutôt d’un certain dédain envers les étudiants général. C’est vous qui avez inséré la dimension linguistique. Deuxièmement, ce monsieur n’est qu’un garde de sécurité qui est à l’emploi d’un édifice en particulier et qui ne participe sûrement pas à l’élaboration des politiques d’une ambassade canadienne.

    Il semble avoir un trou dans votre histoire: vous parliez d’un rendez-vous déjà convenu, puis tout d’un coup un petit garde de sécurité vous interdit l’accès en formulant sa version de la politique du Canada? J’comprends.. y’a quelque chose qui marche pas là-dedans. Avait-il des ordres du bureau à l’intérieur qui a décidé à la dernière minute d’annuler le rendez-vous avec vous?

    En tout cas, je ne discrédite pas du tout votre point de vue, il est sensé dans plusieurs de ses aspects. Sauf que vous auriez dû en faire plus que laisser ce garde de sécurité gâcher votre journée comme ça..

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