Le Parti Québécois, un parti sans âme

En annonçant jeudi qu’il revenait sur son engagement électoral d’annuler la taxe santé, le Parti Québécois fait plus que ne pas tenir un engagement électoral, il participe à la création d’un vide politique. Il fut étonnant de voir Raymond Bachand critiquer aussi durement Pauline Marois sur ce non-respect de son engagement, étant donné qu’il est celui qui a mis en place ladite taxe. Ce qui est le plus triste, c’est qu’encore une fois le Parti québécois laisse pour compte une large partie de son électorat qu’il se dit pourtant défendre. Ce n’est pas la première fois, mais nous devrions espérer que ce sera la dernière.

Depuis trop longtemps, l’article 1 du programme du PQ qui est de faire du Québec un État souverain n’est plus discuté publiquement. C’est un parti qui fut créé pour atteindre la souveraineté, mais qui hésite constamment à en arpenter les terres. Il peut être compréhensible qu’un parti d’idées s’habitue au pouvoir et désire l’occuper afin de mettre de l’avant le maximum de ses politiques. Il y a plusieurs occasions de le faire, que ce soit en réaffirmant les compétences du Québec auprès du fédéral, ou bien en réclamant des pouvoirs qu’il jugera plus aptes que le gouvernement à mettre en place et à administrer. Le Parti québécois rejette aussi cette attitude de sollicitation agressive. Il agira comme une bonne province de la fédération.

Alors que le Parti québécois a décidé de ne plus investir la question de la souveraineté comme son programme l’exige, il renonce maintenant au second aspect qui a marqué le parti pendant plus d’une génération : la défense des intérêts des gens de la classe moyenne. En plus d’annoncer que la taxe santé ne serait plus abolie, mais légèrement plus progressive, on oublie aussi la rétroactivité. Après moins d’un mois de tergiversation sur la hausse des gains en capitaux ou en dividendes, le PQ a décidé de tout céder à l’opposition. Le bras de fer n’est même pas entamé que le gouvernement Marois donne raison sur toute la ligne au Parti libéral du Québec et à la Coalition avenir Québec. Il faudra repasser pour les techniques de négociation. Cet amateurisme pourrait s’excuser par la situation minoritaire du gouvernement, diront certains, mais c’est insuffisant. Pour un gouvernement qui se propose comme étant le parti du Québec et pour le Québec, le parti qui se dit prêt à fonder un État souverain, il faudra sonner un autre jour.

Il est grand temps que le PQ comprenne qu’il n’est pas possible de simplement gouverner en se mettant en altérité avec le PLQ. Ce n’est pas parce qu’il est moins corrompu et qu’il est moins impopulaire que son vis-à-vis, que le PQ est nécessairement prêt à occuper le pouvoir. Un parti qui sera majoritaire devra se montrer comme étant différent des autres partis, comme étant porteur d’une idée et des méthodes pour la mettre en place. L’incapacité de Marois de capitaliser sur l’impopularité historique du gouvernement Charest est la preuve tangible que le PQ n’a peut-être pas ce qu’il faut pour gouverner. La réélection de 50 députés du PLQ est le symptôme d’un parti qui est incapable de faire la différence et de s’allier ses deux bases électorales naturelles.

La naissance de Québec solidaire et d’Option nationale sont aussi des résultats de l’échec du PQ d’aller chercher les gens progressistes ou souverainistes. Le début de la gouvernance souverainiste aura été de courte durée. Il aurait été raisonnable de croire que madame Marois tentait de chasser sur les terres de QS et d’ON à la vitesse à laquelle les annonces allant dans le sens de leur électorat de multiplia au retour des élections. Cependant, il semble que le PQ ait décidé de faire marche arrière complètement et de se recentrer sur son électorat plus fortuné et ennuyé par la corruption qui semble gangréner le PLQ; gaspillant ainsi leurs impôts. C’est largement insuffisant. Il reste encore du temps à Pauline Marois pour réorienter son parti vers cet électorat qui lui sera crucial pour l’atteinte d’un gouvernement majoritaire, souverainiste et progressiste. Pour le PQ, ne pas être le PLQ ne sera pas assez lors de la prochaine élection s’il continue à bafouer ceux qui l’appuient. Le PQ est maintenant rendu un parti qui n’a plus d’âme distincte.

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