Les manigances électorales

Une nouvelle n’attend pas l’autre depuis les élections du gouvernement Harper en mai dernier. Après avoir conclu une entente avec Élections Canada, pour une manigance pécuniaire lors des élections de 2006 — la fameuse stratégie du « in and out» qui consiste à transférer une partie des dépenses nationales dans les comptes de députés n’ayant pas maximisé leur plafond de dépenses, dépassant ainsi le maximum permis (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/11/10/003-entente-conservateurs-elections-canada.shtml) — le gouvernement Harper fait maintenant face à des accusations d’appels téléphoniques frauduleux.

Ce n’est pas la première fois que ce gouvernement aura utilisé tous les moyens mis à sa disposition pour s’assurer de son élection. On a appris avec dépit que les membres du Parlement canadien conservateurs étaient ceux qui utilisaient le plus le droit d’envoyer un nombre de brochures, à la charge des contribuables, pour informer leurs électeurs. Cependant, cette information prit la forme de publicité négative pour leurs adversaires, diffamant un député libéral le représentant comme antisémite dans une circonscription à forte présence hassidique. Quelle ne fut pas la surprise du public, lorsque dans les dernières semaines on apprit que le Parti conservateur, lors des dernières élections, a pris la peine d’embaucher une firme d’appels automatisés pour désinformer des citoyens que l’on jugeait comme étant propice de voter « du mauvais côté », leur indiquant la veille ou le jour même du vote que leur bureau de vote avait changé d’emplacement. À cela s’ajoutent les accusations déjà connues d’appels inopportuns au nom du PLC, durant la nuit, pour faussement discuter ou demander l’appui de citoyens frustrés de se faire réveiller à une telle heure. On peut ajouter à cela l’émergence de publicité négative en continu, même hors période électorale, contre le chef de l’opposition

 Comme le mentionna Chantal Hébert dans sa chronique du jour dans Le Devoir (http://www.ledevoir.com/politique/canada/343751/des-elections-volees), il va de soi que nombre de ces gestes sont à la limite du moralement acceptable, mais ils ne sont pas encore démontrés, hors de tout doute raisonnable, ou punissable par la loi. Il va également de soi que c’est hâtif, mais aussi hautement improbable que ces manigances aient eu l’impact nécessaire pour détourner le résultat des élections. Quelques centaines de personnes atteintes ici et là, ce ne serait pas suffisant. Ce qui est grave, c’est que cela est en train d’établir un précédent, qui ne peut que continuer à empirer.

N’importe quel journaliste qui travaille à Ottawa vous le dira sur-le-champ, Stephen Harper n’est pas facile à couvrir. Dès le début des dernières élections, l’électorat en a eu un avant-goût. Le premier ministre sortant n’accordait que 5 questions par jour, filtré à l’avance. Durant la même campagne, des jeunes s’étant présentés à une présence de Stephen Harper se sont fait jeter dehors, parce que leurs profils facebook contenaient des photos d’eux avec Michael Ignatieff. Ces évènements débordent évidemment les élections. Le contrôle de l’information est excessivement serré autour de l’exécutif. Harper mène d’une main de fer, dans un gant d’acier, son parti. La réelle problématique se situe à cet endroit. Tous les faits pris individuellement ne sont pas si scandaleux, mais c’est lorsque nous commençons à en faire le décompte que l’on comprend que la pente actuelle commence à se transformer tranquillement en précipice direction l’enfer.

Il est de la sauvegarde de notre démocratie que ces faits laissant présager des récidives, car tout ce qui est à la limite de la loi sera retenu et utilisé contre l’opposition. Il ne faut pas être utilitariste pour comprendre que pour le gouvernement Harper, la fin justifie réellement les moyens. Pour éviter ces problématiques, il faut s’assurer que ces gestes seront punis à la pleine mesure de la loi. Il ne suffit pas de juger ces différents évènements à leur simple portée individuelle, mais mettre le tout en perspective et punir l’intention. Une entorse à la procédure devrait immédiatement mener à l’annulation du résultat. Le système judiciaire fonctionne de la sorte pour les criminels, pourquoi ne pas faire de même pour les politiciens? La démocratie, valeur incommensurable, est au moins aussi importante que la justice.

En supplément :

Pour ceux qui n’avaient pas encore eu la chance de voir cette petite analogie, elle vaut grandement la peine. Maintenant que l’on sait que Stephen Harper a déjà volé un discours au premier ministre de l’Australie, il commence même à aller chercher des sources dans des personnages un peu moins recommandables (discours prononcé avant les dernières élections) :

http://www.youtube.com/watch?v=T57cZWPGdHE

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :