Comment débattre dans le monde moderne

Article intéressant de David Brooks dans sa colonne bihebdomadaire dans le New York Times.

How to Fight the Man – NYTimes.com.

David Brooks met le doigt sur un problème inquiétant qui nous touche également au Québec. Plusieurs personnes qui ont le sentiment que la société ne fonctionne pas comme il le conçoive ou comme elle le devrait décident de se révolter et de critiquer celle-ci. C’est un acte qui est louable en soi. Cependant, plusieurs de ces personnes n’ont pas l’expérience ou les capacités requises pour entrer en débat avec un appareil qui est en place depuis souvent très longtemps (qu’il soit religieux, politique, industriel, etc.).

« If you go out there armed only with your own observations and sentiments, you will surely find yourself on very weak ground. You’ll lack the arguments, convictions and the coherent view of reality that you’ll need when challenged by a self-confident opposition. »

David Brooks soulève le point intéressant que, pour tenter de défier l’autorité, penser seul et par soi-même n’est probablement pas la meilleure solution. Il recommande de s’arrimer à une tradition contestataire ou antiautoritaire qui a déjà son cadre d’analyse ou son argumentation d’établi. Il n’y a rien qui empêche de faire un peu de restructuration conceptuelle avec cette pensée et de l’adapter à la situation en présence. « Joining a tradition doesn’t mean suppressing your individuality. Applying an ancient tradition to a new situation is a creative, stimulating and empowering act. ». Souventefois, de grands maîtres sont passés avant nous et il ne peut qu’être avantageux de s’inspirer de ce qu’ils ont fait, des traits et des traces qu’ils ont laissées pour que nous poursuivions leur œuvre.

Selon moi, cette éducation passe par l’école et il semble y avoir un cruel manque dans plusieurs ce celle-ci de l’apprentissage des classiques et des maîtres anciens (ce point en particulier fera l’objet d’un billet subséquent).

Au final, une rébellion qui sera efficace et qui laissera sa trace ne sera pas une révolte qui fera seulement la critique de la situation présente, mais une qui présentera une alternative crédible à l’autorité et aux institutions qui sont en place.

« La logique des passions renverse l’ordre traditionnel du raisonnement et place la conclusion avant les prémisses. » -Albert Camus, L’homme révolté

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